Dans
son rapport semestriel, le FMI table sur 4,2% de croissance l'année
prochaine, contre 4,3% prévu en juillet. L'économie américaine
subit la plus forte révision à la baisse avec une croissance
à 2,3% en 2011, contre 2,9% précédemment.
Le Fonds monétaire international a légèrement abaissé
mercredi sa prévision de croissance mondiale pour 2011 et son
économiste en chef, Olivier Blanchard, s'est inquiété
du risque que la reprise puisse «ne pas être durable».
Dans son rapport semestriel sur les «Perspectives économiques
mondiales», le FMI table sur 4,2% de croissance l'année
prochaine, contre 4,3% prévu en juillet. Ce serait moins que
les 4,8% de croissance sur lesquels il table désormais pour 2010,
contre 4,6% auparavant.
Dans l'immédiat, «l'impulsion de la reprise mondiale semble
en train de faiblir», constate l'organisation multilatérale.
Pire, estime son économiste en chef dans la préface du
rapport, cette reprise présente toujours de graves défauts
: elle est étroitement dépendante du soutien des Etats
dans les pays développés et n'a permis de résorber
ni le large déficit commercial des Etats-Unis ni les excédents
des pays asiatiques. «Le résultat est une reprise qui n'est
ni forte ni équilibrée et qui court le risque de ne pas
être durable», écrit--il.
La première économie mondiale, les Etats-Unis, a subi
la plus forte révision à la baisse des prévisions
(-0,6 point de pourcentage). Mais à 2,3% en 2011, sa croissance
resterait plus vigoureuse que celle de la zone euro (1,5%), y compris
l'Allemagne (2,0%) et la France (1,6%), ou que celle du Japon (1,5%).
«Ce sont des taux de croissance faibles, au vu de la profondeur
de la récession et de la masse des capacités productives
inutilisées, et cela signifie une baisse très lente de
taux de chômage qui sont élevés», souligne
le FMI.
Parmi les grandes économies émergentes, la Chine resterait
championne du monde de la croissance (9,6%), talonnée par l'Inde
(8,4%). Le Brésil connaîtrait un ralentissement marqué
(4,1%, contre 7,5% en 2010). D'après le Fonds, «une croissance
robuste dans de nombreuses économies émergentes tirera
la reprise à court terme».
Mais le FMI énumère une longue liste de risques qui pourraient
faire dérailler la croissance mondiale. «Toute nouvelle
turbulence sur les marchés de la dette publique pourrait déclencher
une spirale négative entraînant le secteur financier et
infligeant des dégâts considérables à la
reprise», note le Fonds.
Selon le FMI, le ralentissement de l'économie mondiale au second
semestre 2010 doit beaucoup à la crise budgétaire dans
plusieurs pays de la zone euro au printemps. Par ailleurs, «les
politiques budgétaires se resserreront» tout au long de
l'année prochaine. Et cette rigueur «se révélera
probablement défavorable à la croissance pour la plupart
des économies en 2011, bien qu'il soit difficile de déterminer
dans quelle mesure».
Mais «le risque d'une crise mondiale brutale, y compris une nouvelle
récession dans les économies développées
l'an prochain, apparaît toujours peu probable», rassure
l'institution. Le FMI déplore dans ce document de ne pas voir
ses conseils suivis par les gouvernements, comme ceux de détailler
comment réduire à moyen terme les déficits publics
ou de réformer la structure des économies pour plus de
flexibilité. «Les projets de consolidation budgétaire
favorables à la croissance pour le moyen terme manquent toujours
à l'appel», a-t-il regretté.
LES ECHOS (SOURCE : AFP)
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