Moez
Labidi, maître de conférences, directeur de recherche à
l’EAS*
Le « choc de confiance » dopera la performance économique
La Tunisie, après 23 ans de règne de Ben Ali : Une nouvelle
donne. Un vent de liberté qui souffle sur le pays.
Le peuple tunisien a certainement gagné une bataille décisive
et tourné une page trouble de son histoire, mais l’essentiel
reste à faire pour remettre sur pied une Tunisie libre, démocratique
et prospère.
En quoi le processus démocratique peut-il résoudre l’équation
économique ? Quel programme économique les futurs dirigeants
du pays devraient-ils mettre en place? Comment réussir à
mener le rêve jusqu’au bout ? Autant de questions que nous
avons posées à M. Moez Labidi, maître de conférences
et directeur de recherche à l’EAS (Economie appliquée
et simulation), F.S.E.G. Mahdia. Interview.
L’Economiste
Maghrébin : En quoi le processus démocratique serait-il
porteur de performance économique ?
Moez Labidi : La relation entre démocratie et performance économique
est depuis longtemps l’objet de vifs débats. Deux thèses
s’affrontent. Certains auteurs estiment que les réformes
démocratiques seront génératrices de croissance
économique. Alors que pour d’autres, c’est seulement
en présence d’une forte croissance que le régime
politique peut se permettre d’engager des réformes démocratiques.
Il est vrai que les expériences de démocratisation en
Afrique subsaharienne dans les années 1990, n’ont pas mis
fin à la stagnation économique. Il est vrai aussi que
les pays qui ont connu les taux de croissance les plus spectaculaires
(Chine, Singapour) étaient le plus souvent des régimes
autoritaires. Arguments largement utilisés par les « intellectuels
du palais », dans le monde arabe.
En Tunisie, une variable importante nuance ce type de causalité
: le haut niveau d’éducation de sa population. L’accès
à l’éducation, est le plus souvent porteur de culture
démocratique et de revendications de réformes, comme en
témoigne l’originalité tunisienne à plusieurs
niveaux (première organisation de défense des droits de
l’homme – LTDH- et première centrale syndicale –
UGTT- dans le monde arabe). La Tunisie dispose de plusieurs atouts pour
réussir sa transition démocratique.
L’ECONOMISTE MAGHREBIN DU 26 Janvier au 9 Février
2011
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