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Le 15 Mars 2011
NEWSLETTER N°17
Débat sur le nouveau plan de relance économique et sociale

Lors de la Conférence-débat organisée récemment par l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises et consacrée au Programme Economique du gouvernement de transition les Ministres présents ont exposé leur vision sur la nouvelle stratégie de développement préconisée :
M.Jalloul Ayed, Ministre des Finances a notamment relevé que pour résoudre le problème du chômage et garantir une source de revenu pour chaque individu il faudrait tout d’abord établir une réforme du système public, de l’administration plus précisément.
Les PME/PMI nécessitent des pôles bancaires dans les régions afin d’assurer la proximité qui est très importante afin d’accompagner l’entreprise et assurer son évolution.
A cet effet, le gouvernement a décidé de réviser le budget de l’état afin d’augmenter les dépenses allouées au bénéfice des régions défavorisées afin d’assurer un équilibre régional qui représente l’une des priorités du gouvernement de transition.
« Nous allons encourager l’investissement dans ces régions pour développer les emplois »a dit le Ministre.
Il a de même noté que les PME/PMI constituent la base de notre sphère économique et que pour préserver l’emploi il faudrait subventionner les entreprises qui connaissent des difficultés d’où la décision de restructurer le dispositif des micros crédits et de financement des PME à travers la création de pôles bancaires dans les régions pour inciter les investisseurs à s’y installer.
M. Mohamed Ennaceur, Ministre des affaires sociales a noté de son côté que les grèves qui se sont multipliées ces derniers temps appellent à la nécessité de réguler cette situation et d’instaurer une nouvelle formule de relation professionnelle qui assure une cohésion autour de l’entreprise, une sorte d’entente avec la direction qui appelle à une mutuelle implication des employeurs dans la vie de l’entreprise
Le dialogue social à la base et au sein de l’entreprise débouche sur trois mots clefs, à savoir : la productivité, la compétitivité et la rémunération .
Il a de ce fait exhorté les chefs d’entreprises à repenser leurs pratiques à associer les salariés aux enjeux de l’entreprise afin de les mobiliser sur les objectifs stratégiques« Le dialogue social n’est pas seulement au niveau de l’UTICA et l’UGTT mais il faut qu’il soit à l’intérieur de l’entreprise avec la prise en considération de la liberté syndicale.
« Le dialogue permet de motiver les salariés et les impliquer davantage » a –il dit.
De même il a précisé que la commission consultative est constituée par des membres élus (cadres et salariés) et qu’elle doit informer sur la marche et la santé de l’entreprise, « Les augmentations de salaires ne doivent pas résulter d’un rapport de force et doivent dépendre de la productivité (notion qui est absente de notre mentalité) et l’augmentation du niveau de vie»a-t-il ajouté.
Les banques de données de salaires n’existent pas dans notre pays il a à cet effet recommandé de constituer une cellule d’étude afin de travailler avec l’INS pour l’élaboration d’une enquête sur les salaires
Pour sa part, le Ministre de l’Emploi et de la Formation Professionnelle M.Said Aidi a recommandé de conférer aux opérations d’emploi la transparence nécessaire et de tenir compte des compétences tout en privilégiant les régions intérieures.
Evoquant l’action entreprise au sein de son département pour le placement des compétences tunisiennes à l’international il a précisé qu’elle se basera sur les relations établies avec les pays amis et voisins et que l’éventualité de les affecter dans des postes d’emploi spécifiques se fera avec l’aide des spécialistes en la matière qui sont les mieux placés pour la réalisation de cette action.
« Plusieurs intentions de la part des entreprises étrangères ont été exprimées en vue d’investir en Tunisie (ce sera annoncé au moment opportun) ce qui est de nature à contribuer à la création de postes d’emplois additionnels» a souligné le Ministre.
Il importe de signaler à cet égard que quatre programmes destinés aux différentes catégories des demandeurs d’emploi ont été adoptés, à savoir :
En premier lieu, le programme AMAL qui concerne les diplômés du supérieur, il est considéré comme étant un mécanisme actif en matière de recherche d’emploi, il est propre aux personnes déjà inscrites aux bureaux d’emploi ;une allocation mensuelle de 200 Dinars pour une durée maximale d’une année est accordée aux bénéficiaires de ce programme .
50 mille jeunes y sont concernés dans une première étape et il est à ajouter qu’un accompagnement des diplômés dans les spécialités à faible employabilité en chômage réel et ce jusqu’à l’obtention d’un emploi permanent (une formation dans des spécialité à forte employabilité sera réservée aux bénéficiaires de ce programme ; des stages dans les différents domaines et une couverture médicale durant la période de formation seront également accordés).
Le deuxième programme vise le recrutement de 14 mille demandeurs d’emploi dans la fonction publique dont 8150 diplômés de l’enseignement supérieur et ce à travers l’organisation de Concours dans la fonction publique au niveau notamment des ministères de l’éducation, de la santé publique et de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.
Les concours seront organisés dans les régions pour favoriser les conditions nécessaires aux candidats.
Le troisième programme relatif à la création d’un système « préparation au travail dans la fonction publique» a pour objectif d’aider les diplômés du supérieur, au chômage depuis plus de trois ans, à se préparer aux concours qui seront ouverts au niveau de toutes les structures publiques.
Les bénéficiaires de ce programme obtiendront une bourse mensuelle de 200 Dinars et profiteront de la couverture médicale au cours de la période de formation, d’une durée d’un an ce programme concernera 10 mille jeunes (filles et garçons) selon la nature du travail et permettra de développer les aptitudes des demandeurs d’emploi de manière à renforcer l’égalité des chances entre les demandeurs d’emploi.
Le quatrième programme prend en compte les non diplômés du supérieur qui représentent 70% de l’ensemble des jeunes chômeurs, ce programme intéresse 40 mille jeunes filles et jeunes gens et sera appliqué en collaboration avec les entreprises publiques et privées ainsi qu’un bon nombre de départements ministériels, la bourse qui sera allouée aux bénéficiaires sera de l’ordre de 80 Dinars.
Le Ministre de l’Industrie et de la Technologie M. Abdelaziz Rassâa a pour sa part notamment appellé à préserver les 700.000 postes d’emploi actuels dans le domaine de l’Industrie /Technologie et à raviver l’activité du secteur des phosphates et de ses dérivés, il a ajouté que malgré la reprise, les exportations demeurent encore faibles.
Le maintien de l’apport des entreprises en difficultés en commodités publiques, eau et électricité a de même été mentionné.
Le Ministre a appelé également au soutien du programme d’appui relatif aux grands projets et aux projets pilotes dans le domaine des TIC dans les régions.
La création club d’investissement au profit de Sidi Bouzid et de Kasserine a été proposée par l’un des hommes d’affaires présents lors du débat, il s’est engagé pour sa part à léguer une somme d’argent.
L’idée de consacrer un fonds de collecte a de même été relancée par la salle.

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