Lors de
la Conférence-débat organisée récemment
par l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises et consacrée
au Programme Economique du gouvernement de transition les Ministres
présents ont exposé leur vision sur la nouvelle stratégie
de développement préconisée :
M.Jalloul Ayed, Ministre des Finances a notamment
relevé que pour résoudre le problème du chômage
et garantir une source de revenu pour chaque individu il faudrait tout
d’abord établir une réforme du système public,
de l’administration plus précisément.
Les PME/PMI nécessitent des pôles bancaires dans les régions
afin d’assurer la proximité qui est très importante
afin d’accompagner l’entreprise et assurer son évolution.
A cet effet, le gouvernement a décidé de réviser
le budget de l’état afin d’augmenter les dépenses
allouées au bénéfice des régions défavorisées
afin d’assurer un équilibre régional qui représente
l’une des priorités du gouvernement de transition.
« Nous allons encourager l’investissement dans ces régions
pour développer les emplois »a dit le Ministre.
Il a de même noté que les PME/PMI constituent la base de
notre sphère économique et que pour préserver l’emploi
il faudrait subventionner les entreprises qui connaissent des difficultés
d’où la décision de restructurer le dispositif des
micros crédits et de financement des PME à travers la
création de pôles bancaires dans les régions pour
inciter les investisseurs à s’y installer.
M. Mohamed Ennaceur, Ministre des affaires sociales a noté de
son côté que les grèves qui se sont multipliées
ces derniers temps appellent à la nécessité de
réguler cette situation et d’instaurer une nouvelle formule
de relation professionnelle qui assure une cohésion autour de
l’entreprise, une sorte d’entente avec la direction qui
appelle à une mutuelle implication des employeurs dans la vie
de l’entreprise
Le dialogue social à la base et au sein de l’entreprise
débouche sur trois mots clefs, à savoir : la productivité,
la compétitivité et la rémunération .
Il a de ce fait exhorté les chefs d’entreprises à
repenser leurs pratiques à associer les salariés aux enjeux
de l’entreprise afin de les mobiliser sur les objectifs stratégiques«
Le dialogue social n’est pas seulement au niveau de l’UTICA
et l’UGTT mais il faut qu’il soit à l’intérieur
de l’entreprise avec la prise en considération de la liberté
syndicale.
« Le dialogue permet de motiver les salariés et les impliquer
davantage » a –il dit.
De même il a précisé que la commission consultative
est constituée par des membres élus (cadres et salariés)
et qu’elle doit informer sur la marche et la santé de l’entreprise,
« Les augmentations de salaires ne doivent pas résulter
d’un rapport de force et doivent dépendre de la productivité
(notion qui est absente de notre mentalité) et l’augmentation
du niveau de vie»a-t-il ajouté.
Les banques de données de salaires n’existent pas dans
notre pays il a à cet effet recommandé de constituer une
cellule d’étude afin de travailler avec l’INS pour
l’élaboration d’une enquête sur les salaires
Pour sa part, le Ministre de l’Emploi et de la Formation Professionnelle
M.Said Aidi a recommandé de conférer aux opérations
d’emploi la transparence nécessaire et de tenir compte
des compétences tout en privilégiant les régions
intérieures.
Evoquant l’action entreprise au sein de son département
pour le placement des compétences tunisiennes à l’international
il a précisé qu’elle se basera sur les relations
établies avec les pays amis et voisins et que l’éventualité
de les affecter dans des postes d’emploi spécifiques se
fera avec l’aide des spécialistes en la matière
qui sont les mieux placés pour la réalisation de cette
action.
« Plusieurs intentions de la part des entreprises étrangères
ont été exprimées en vue d’investir en Tunisie
(ce sera annoncé au moment opportun) ce qui est de nature à
contribuer à la création de postes d’emplois additionnels»
a souligné le Ministre.
Il importe de signaler à cet égard que quatre programmes
destinés aux différentes catégories des demandeurs
d’emploi ont été adoptés, à savoir
:
En premier lieu, le programme AMAL qui concerne les diplômés
du supérieur, il est considéré comme étant
un mécanisme actif en matière de recherche d’emploi,
il est propre aux personnes déjà inscrites aux bureaux
d’emploi ;une allocation mensuelle de 200 Dinars pour une durée
maximale d’une année est accordée aux bénéficiaires
de ce programme .
50 mille jeunes y sont concernés dans une première étape
et il est à ajouter qu’un accompagnement des diplômés
dans les spécialités à faible employabilité
en chômage réel et ce jusqu’à l’obtention
d’un emploi permanent (une formation dans des spécialité
à forte employabilité sera réservée aux
bénéficiaires de ce programme ; des stages dans les différents
domaines et une couverture médicale durant la période
de formation seront également accordés).
Le deuxième programme vise le recrutement de 14 mille demandeurs
d’emploi dans la fonction publique dont 8150 diplômés
de l’enseignement supérieur et ce à travers l’organisation
de Concours dans la fonction publique au niveau notamment des ministères
de l’éducation, de la santé publique et de l’enseignement
supérieur et de la recherche scientifique.
Les concours seront organisés dans les régions pour favoriser
les conditions nécessaires aux candidats.
Le troisième programme relatif à la création d’un
système « préparation au travail dans la fonction
publique» a pour objectif d’aider les diplômés
du supérieur, au chômage depuis plus de trois ans, à
se préparer aux concours qui seront ouverts au niveau de toutes
les structures publiques.
Les bénéficiaires de ce programme obtiendront une bourse
mensuelle de 200 Dinars et profiteront de la couverture médicale
au cours de la période de formation, d’une durée
d’un an ce programme concernera 10 mille jeunes (filles et garçons)
selon la nature du travail et permettra de développer les aptitudes
des demandeurs d’emploi de manière à renforcer l’égalité
des chances entre les demandeurs d’emploi.
Le quatrième programme prend en compte les non diplômés
du supérieur qui représentent 70% de l’ensemble
des jeunes chômeurs, ce programme intéresse 40 mille jeunes
filles et jeunes gens et sera appliqué en collaboration avec
les entreprises publiques et privées ainsi qu’un bon nombre
de départements ministériels, la bourse qui sera allouée
aux bénéficiaires sera de l’ordre de 80 Dinars.
Le Ministre de l’Industrie et de la Technologie M. Abdelaziz Rassâa
a pour sa part notamment appellé à préserver les
700.000 postes d’emploi actuels dans le domaine de l’Industrie
/Technologie et à raviver l’activité du secteur
des phosphates et de ses dérivés, il a ajouté que
malgré la reprise, les exportations demeurent encore faibles.
Le maintien de l’apport des entreprises en difficultés
en commodités publiques, eau et électricité a de
même été mentionné.
Le Ministre a appelé également au soutien du programme
d’appui relatif aux grands projets et aux projets pilotes dans
le domaine des TIC dans les régions.
La création club d’investissement au profit de Sidi Bouzid
et de Kasserine a été proposée par l’un des
hommes d’affaires présents lors du débat, il s’est
engagé pour sa part à léguer une somme d’argent.
L’idée de consacrer un fonds de collecte a de même
été relancée par la salle.